Voyage épique
Ce matin, nous partons pour l'Illimani, un superbe sommet de 6 438 m que l´on voit très bien depuis La Paz. Nous décidons d'utiliser les transports publics pour nous rendre à Estancia Una, le village de départ.
Même s'il n'est qu'à 40 kilomètres de la ville vol d'oiseau, le voyage sera long ...
La plupart des alpinistes utilisent plutôt les services d'une des nombreuses agences de La Paz qui proposent le trajet en 4x4 pour plus de 100$ AR (contre 6 euros pour les deux en transport public).
La première partie du trajet se déroulera sans encombre, sur une route pavée, assez sinueuse.
Au village de Palca, nous descendons du collectivo pour en prendre un autre en direction de Estancia Una. Quand il arrive, il est déjà plein à craquer. Nous devons rester debout dans l´entrée, avec la porte ouverte et le "voceador" (celui qui fait la criée aux passager et qui encaisse l'argent ) debout sur le marchepied devant Jonathan. La route est à présent une piste de montagne défoncée et dans certains virages, le marchepied racle le sol.
Apres une heure de piste, le bus doit s'arrêter : juste après un virage, un bus devant dans l'autre sens est arrêté : il a crevé, cassé sa roue et il est immobilisé vaguement au bord de cette piste qui nous semble être à une seule voie, avec un ravin d´un coté et une montagne de l'autre.
Quasiment tous ses passagers sont descendus et partis on ne sait ou.
A nos yeux de gringos, le croisement des deux bus semble impossible. Pourtant, après discussion, une poignée de passagers va chercher des pierres, remblaie les creux et les bosses de la piste pour éviter que notre bus ne bascule dans le ravin, et mètre après mètre, notre chauffeur effectue le croisement !!!

Le bus en panne. La protection divine n'a pas bien marché !

Une heure plus tard, c'est notre bus qui crèvera en pleine cote.
Pendant l'arrêt, je sors ma carte pour essayer de comprendre ou nous sommes. Trois ou quatre passagers viennent s'assoir autour de moi pour regarder la carte. La facon dont les noms des villages de montagne sont orthographiés en aymara les fait mourir de rire. Par exemple, la carte écrit Huyla-Kota alors qu'ils ecriraient Vila-Cota.
A l'occasion, un des passagers me dit que son père est muletier et qu'il pourra nous emmener au camp de base.
La lenteur du voyage nous permet d´admirer le canyon de Palca :

Nous arrivons à Estancia Una vers 16 h et décidons d'y passer la nuit. Une famille nous héberge dans une petite pièce de leur maison, avec un matelas de paille et une bougie. Nous leur achetons également notre repas du soir.
Le lendemain matin, nous partons pour le camp de base, avec Clemente, le muletier rencontre la veille.

Arrivée au camp de base de l'Illimani. On voit le sommet.
Une cordée de catalans arrive le soir du sommet et nous donne quelques infos. Ils comptaient enchaîner sur le sommet nord de l'Illimani mais l itinéraire n est pas praticable à cause des crevasses.